Abdelaziz LKHATTAF vu par Mazarine PINGEOT
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Des quatre éléments, celui d’Aziz LKHATTAF est la terre, mais une terre de sable blanche et poussiéreuse qui laisse émerger ses personnages géométriques. Aux contours pourtant incertains, fantomatiques et enracinés à la fois, figures et formes tout droit sorties du même imaginaire où puisent l’enfance et la création. La peinture d’Aziz est poétique par son retour à un originaire oublié, par sa puissance simple, par sa douceur nostalgique.

Biographie
abd-el-aziz-lkhattaf-biographie

CV abd el aziz lkhattaf



Né le 1er Avril 1967 à Ait Ourir, Marrakech , Maroc
1987/2004 : Institut Français de Tanger ( responsable de la Galerie Delacroix )
1991 : Atelier de gravure, stages Institut Français de Tétouan, avec PINCEMIN , FAVIER.
1993 : Université Internationale d’Eté, à Marly-Le-Roi, France
2002 : En résidence Cité Internationale des Arts, Paris ( juillet - décembre 2002 ), seul artiste marocain sélectionné par le Ministère ( marocain) de la Culture, et boursier du Ministère ( français) des Affaires Etrangères ( services culturels de l’Ambassade de France à Rabat)
2003 : ( Janvier - Juin) : toujours en résidence Cité Internationale des Arts, détaché en formation par l’ Institut Français de Tanger et bénéficiaire d’un atelier de la Ville de Paris. Atelier Contrepoint ( rue Didot) perfectionnement en gravure.
2004 : Ouvre sa galerie DAR YOURAZIZ , dans son riyad de Marrakech
2011 : Ouvre « LA GALERIE » rue Yves-Saint Laurent, Majorelle, Marrakech

Expositions personnelles :

1993 : Galerie Volubilis Tanger, Maroc
1997 : Dar Al Maghreb ( Claude Senouf ) Tel Aviv Israël
1998 : Carrefour des Arts , Casablanca
1999 :Année Maroc en France Château de CASTELNAU, Lot ( M.H )
1999 : Institut Cervantes Tanger
2001 : A l’Usine , Festival de Saint Céré Lot
2002 : Hôtel la Mamounia, Marrakech
2002 : Château de la Thibaudière , près Poitiers France
2002 : Cité Internationale des Arts , Paris
2003 : Galerie CROUS / rue des Beaux – Arts , Paris
2003 : Relais de L’Estelou, Sommières ( Gard - France )
2003 : Hôtel la Mamounia , Marrakech ( 24 décembre 2003 - 11 janvier 2004 )
2004 : Institut Français de Marrakech ( octobre 2004 )
2005 : Hôtel El Minzah -Tanger
2006 : Fan Dok - Rabat
2007 : Hotel El Minzah Tanger
2008 : Galerie Delacroix Tanger
2010 : AB Galerie Rabat
2013 : Espace galerie Brugmann Bruxelles Belgique
2013 : Galerie 23 SBK, Amsterdam Hollande

Expositions collectives :

1990 : Galerie Delacroix, Tanger
1992 : Galerie Volubilis, Tanger
1993 : Palais des Congrès, Marrakech ( l’Association des Amis du Musée de Marrakech )
1995 : Peinture Contemporaine du Maghreb Galerie Al Manar, Casablanca
1995 : 7ème Festival des Arts, Pullheim , Allemagne
1997 : La Mamma Galeria New-York, U.S.A
1998 : Marlen Gallery / Art Student Show Case, New-York , U.S.A
2001 : “Passage de l’Art” dans 12 lycées de Marseille
2003 : Cité Internationale des Arts , Paris
2003 : Centre d’Art Contemporain d’ Hérouville , Normandie
2003 / 2004: The Haik Project, Musée de Marrakech
2004 : Mairie d’Aix-en-Provence , France
2005 : Galerie Les Atlassides Marrakech
2005 : Dar Chérifa Marrakech
2005 : Arts In Marrakech (AIM) Palais de la Bahia, Marrakech
2006 Musée Henri Martin Cahors France
2007 : Galerie Noir sur Blanc Marrakech
2010 : Galerie Remp Art Marrakech
2010 : La Villa des Arts Rabat

Oeuvres murales, Décors :

1992 : Peinture murale ( 50 m2 ) pour l’Usine Artlander, Tanger
2001 : Toile de fond ( 5m x 12 m ) pour la CARMEN arabo - andalouse créée par Olivier
DESBORDES ( Opéra Eclaté, France ) à l’Institut Français de Marrakech
2002 : Toile de fond ( 70 m2 ) pour l’Enlèvement au Sérail, Château de Castelnau pour le Festival de Saint Céré et du Haut - Quercy, France
2003 : 4 panneaux pour le Café Chantant, créé en co-production Festival de Saint Céré et du Haut-Quercy et Institut Français de Marrakech
2006 : peinture murale Festival Culturel d'Asilah


Publications :

A dictionary of painters in Tangier ( 1669-2003 ) by A. Clandermond / Terence Mac Carthy ( Laurence-Arnott Gallery Publication - Tangier - 2003 ) page. 17 et 193
Arts in Marrakech ( 1er Festival Int. d´Art et de Littérature, Marrakech 29 sept. 3 octobre 2005 )
Vivre au Maroc article de Barbara et René STOELTIE Edition Taschen (pp.222/3)

Collections privées:

M.et Madame Lecomte - Abla Ababou - M.Mme Bauchet-Bouhlal:ES saadi Marrakech - le Marquis et la Marquise de Contades - Xavier Guerrand-Hermés - Ali Sedrati - Daniel Bainvel - Alberto Pinto - Giovanni Robazza -Betty LAGARDERE - J. WATSON Riad les Bougainvilliers - Soune Wade - Meryam Loum Martin - Olivier Desbordes - Abdelaziz TAZI - Elena PRENTICE ... Nati ABASCAL ( Espagne)

Collections publiques:

Musée de La Légation Américaine Tanger
Musée Forbes Tanger



Le haîk des contrebandières


Les trains qui partent de Tanger chargent d’étranges voyageuses…
Comme ployant sous le poids des fagots ou des charges en tous genres-leur lot depuis toujours- d’énormes femmes marchent péniblement, aussi larges que hautes, telles ces poupées russes qui s’emboîtent l’une l’autre. Ce ne sont pas des poupées, mais bien des femmes de peine ( comme il y a « des hommes de peine » corvéables à merci…) et leur chargement est entier autour d’elles, autour de leurs hanches : des mètres et des mètres de tissu, en contrebande depuis SEBTA ( et au delà ).
Des mètres et des mètres pour confectionner les rideaux des bourgeoises de Casablanca, les jolies robes des petites filles modèles, et les haîks de partout.
Ces femmes se sont laissées enrouler dans des mètres et des mètres de tissu, comme Cléopâtre dans son tapis !
Arrivées au wagon, elle n’en peuvent mais…
On doit les hisser, d’en bas, les soulever, d’en haut, et tout le monde s’y emploie, depuis le voyageur compréhensif jusqu’à l’employé du chemin de fer qui a une longue habitude de ses passagères.
Un pied, péniblement posé sur la première marche, et …ho ! hisse, que je te pousse et que je tire. C’est à n’ y pas croire, mais ces « babas » russes arrivent en haut de l’escalier, enfilent, de biais le couloir et investissent les compartiments où elles prendront un repos bien mérité jusqu’aux gares du Sud.
La poésie, et la tragédie du haîk sont là aussi, et l’œil -comme le cœur- d’Abdelaziz Lkhattaf été subjugué par ces contrebandières ferroviaires, dont le seul et modique gagne-pain sera de vendre, à Derb Ghallef et ailleurs, les haiks au mètre , et dès leur chargement livré ( à quels intermédiaires ? ) elles reprendront le train, plus légères en apparence mais tout aussi lourdes d’angoisse à la veille de ses expéditions si pénibles.
Car ce n’est pas la Séguédille de Carmen qui sera chantée chez Lilas-Pastia, même dans la Carmen arabo-andalouse créée par Olivier Desbordes à l’Institut Français de Marrakech. Mais ces pauvres femmes en auront été le décor, peint par Aziz Lkhattaf à la commande du metteur en scène.
Aziz Lkhattaf, qui a vu dans sa petite enfance, les femmes de son village, sa grand’mère, sa mère chargées de fagots, de ballots d’herbes, de fardeaux souvent trop lourds, mais assumés par des siècle d’habitude, de servitude.
Aziz a donc reçu cette vision en plein cœur, lui qui n’imite pas les abstraits faciles, ni les orientalistes post-andalous, ni le calendrier de telle ou telle banque.
Et il a peint ces courageuses pauvres femmes, de dos le plus souvent, pour échapper peut-être à leur regard.
Il a peint ces haîk, cache-misère à l’allée, cache-trésor au retour, ces haîks d’une chaîne sans fin d’une contrebande sans solution ; il les a peintes ces femmes anonymes, dans le souvenir, à jamais gravé dans son cœur des paysannes du Maroc qui souffre.
Déjà, dans une exposition à l’Institut Cervantes de Tanger los gentes ( ces gens : ces pauvres gens) d’Aziz Lkhattaf avait frappé et ému.
Ses aveugles, à la porte de la Zaouîa de Tamasloht, étaient de cette même veine et ses personnages ont pris, depuis, des ailes, des envolés poétiques, comme pour sortir de la gangue où la contrebandière s’enlise par nécessité.
Quand la Carmen arabo-andalouse d’Olivier Desebordes a été présentée à Paris ( après le Maroc, la province française, la Tunisie etc) d’immenses affiches ont recouvert les colonnes Morris et les murs du Métro, de ces contrebandières exténuées, à bout de souffle, frappant les Parisiens comme un grand point d’interrogation.
Résident alors à la Cité Internationale des Arts, face au Métro Pont-Marie, Aziz Lkhattaf se trouva là confronté à ces contrebandières, Mères métrage, Mères Courage.
On ne répètera jamais assez ce que Jean Cocteau conseillait : il faut peindre dans son arbre généalogique.
Et l’arbre généalogique ne représente pas forcément des armoiries remontant aux Croisades ou au Légato arabo-andalou ; pour Aziz Lkhattaf, son arbre généalogique porte des fruits inattendus mais logiques : ces femmes trapues succombant sous le poids des misères, des métrages, des siècles et des siècles de quasi esclavage : lire Emile LAOUST il y a 100ans ( 1913 !)
Le haîk des contrebandières d’Aziz Lkhattad, hommage indirecte à nos regrettés amis le peintre Mohamed Drissi et l’écrivain Mohamed Choukri devrait interpeller les élégantes féministes qui ont si bien travaillé au nouveau Code de la Famille, enfin plus humain, plus juste.
Dédions les, ces haîks à ces femmes courageuses, et au-dessus d’elles, à Sa Majesté Mohamed VI sans qui cette réforme ne pouvait être envisageable, ni aboutie.

Georges.A.Bousquet
Pour l’exposition The Haîk Project (Décembre 2003-Octobre 2004)
Musée de Marrakech



LA PLANETE D’AZIZ LKHATTAF


A quelques centaines de mètres de la rumeur et de l’animation de la place Jamaa Lefna, au fond d’une petite rue pavée se cachent deux riads ombragés par un énorme caoutchouc où nichent des myriades d’oiseaux. Aux murs rouges dansent des toiles colorées renvoyant à ce qui semble un univers d’enfant : babouches géantes, silhouettes de personnages esquissés.
C’est là que nous attend Aziz Lkhattaf qui , après de longues années passées à Tanger où il animait la galerie Delacroix est revenu dans sa ville natale de Marrakech, ouvrir une galerie chaleureuse dans son riad de la Médina.
Timide, effacé, Aziz Lkhattaf parle peu de sa peinture, travail secret à la découverte duquel il vous convie avec un grand sourire. Invitation à vous immerger dans un monde en pesanteur aux couleurs joyeuses et aux étranges habitants.
La planète de Lkhattaf réserve en effet des surprises que l’on décode peu à peu. Contraste entre le tumulte des tons qui claquent- jaunes, verts, rouges, bleus intenses- et le silence assourdissant de personnages sans visages, suspendus sur de minuscules pieds , massives silhouettes trottinant vers de mystérieuses destinées.
Seules, par deux, en groupe, elles se dirigent vers un horizon indistinct, nous tournant systématiquement le dos, flottant dans une matière incernable : eau, terre, ciel ?
Nous sommes spectateurs d’un monde inconnu où nous entrons par effraction et qui ne se livre jamais par l’humanité de ses êtres, mais plutôt par leur absence à ce monde dans lequel ils se meuvent pesamment.
Sans doute les contrées imaginaires d’Aziz Lkhattaf plongent-elles dans un onirisme baigné d’une clarté irréelle, venue d’ailleurs et pas seulement de l’enfance.
A y regarder de plus près, cette abstraction, ce dépouillement, plongent leur racines dans cette terre, dans cette culture marocaine dont Aziz est issu.
La planète, bien sûr, dans laquelle on retrouve les bleus de Tanger, la blancheur des sols brûlés, les siennes oxydés de Marrakech, les couleurs éclatantes des teinturiers.
Mais surtout, lentement, vous êtes envahis par l’apparente incommunicabilité de ses personnages engoncés dans leurs djellebas. Hommes ?Femmes ? L’uniforme cache les corps dont les visages sont tournés vers un ailleurs énigmatique.
Enigmatique : voilà le mot. La peinture d’Aziz Lkhattaf nous met devant l’énigme d’un univers où des silhouettes s’enfoncent, ici dans des sables improbables, là processionnent vers des marabouts éclatants de blancheur.
Enfermées dans la gangue de tissus qui deviennent cocons, habitacles, forteresses, les impressionnantes « contrebandières » semblent d’énormes blocs surgis de temps anciens, des menhirs colorés où se détache l’esquisse d’innombrables ballots suspendus. Nous ne verrons rien d’autre : par un regard, pas une main retenant le haîk.
Ici, les êtres ne sont plus, dans leur uniformité, que signes jetés, paroles tues.
Univers ouvert sur les rêves que chacun accroche aux fenêtres multicolores qui scandent, ici, une toile, plaquées sur des absences de murs.
Sortant dans la touffeur de la place Jemaa Lefna, on secoue une sorte d’engourdissement qui nous enrobe. Il est difficile de quitter la planète d’Aziz et c’est avec un autre regard que l’on regarde, soudain, filer devant soi, dans les ruelles de la Médina, les djellebas multicolores.

Souné Prolongeau-Wade



La presse en parle


Galerie
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